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Dansoko Company est une entreprise qui évolue dans l’aviculture ainsi que dans le commerce particulièrement les intrants ou des matières premières avicoles. Créée il y a quelques années, l’entreprise Dansoko Company dispose plus d’une dizaine d’employés qui se trouvent à Boké mais également à Conakry. Boubacar Dansoko est le Directeur Général de Dansoko Company et président de l’interprofession nationale des aviculteurs de Guinée. Pétrit de talent, ce jeune model combine professionnalisme et passion pour son métier. Dans un entretien qu’il nous a accordé ce professionnel aguerri dans le secteur avicole guinéen nous parle de son entreprise, ses objectifs, les défis et enjeux de l’entreprenariat guinéen et laisse un message aux personnes qui veulent se lancer dans l’aventure.

Quelle est la petite histoire qui se cache derrière cette entreprise ?

Je suis un rêveur dans l’âme sur le plan de l’entreprenariat. A un moment donné je me suis dit que grâce à l’aviculture que je connais bien, je pense qu’on peut créer suffisamment d’emplois pour développer notre pays à travers l’aviculture et l’agriculture. Vous n’êtes pas sans savoir que pour nourrir une poule pondeuse, vous avez besoin de mais, de soja, de pas mal d’ingrédients pour fabriquer de l’aliment il y a plus de 11 produits. A travers ces produits qui sont commandés et qui sont adressés à la jeunesse que nous sommes, nous pouvons produire du maïs et d’autre produits pour pouvoir nourrir ces poules-là. Et forcement une plus-value et des revenues peuvent être distribués ainsi que de l’emploi.

Comment vous en êtes arrivé là aujourd’hui ?

Beaucoup de travaux, de vision, de rêve, d’expériences. Des expériences qui sont parfois négatives. Vous essayez de tenter quelque chose et vous voyez que ça ne marche pas. Finalement vous arrivez à tirer une seule solution qui vous permet d’avancer et de progresser. Le progrès vient après plusieurs tentatives.

Comment parvenez-vous à écouler vos produits ?

L’œuf est un bien de consommation privilégié pour certains guinéens et heureusement c’est dans nos habitudes de consommer des œufs et du poulet.

Et donc soyons rassurés que dans notre culture, nous aimons bien faire le mafé avec ce poulet-là ainsi que de se faire une petite omelette le matin avant d’aller au travail.

Ce qui nous permet d’écouler nos produits beaucoup plus facilement. Et à l’approche du mois de ramadan, plusieurs guinéens privilégient les œufs par ce qu’ils pensent que ça rassasie beaucoup plus que certains autres aliments pour pouvoir tenir toute la journée.

Quel regard avez-vous sur l’entreprenariat guinéenne en général ?

Je pense qu’on a beaucoup de chemin à parcourir. Nous sommes parfois à cheval entre entreprenariat et le salariat. Peu d’entre nous peuvent se réclamer carrément des entrepreneurs par ce que forcement nous avons plusieurs sources de revenus. Mais dans l’ensemble je peux dire qu’il y a de l’espoir pour la Guinée. Il suffit qu’on se forme et qu’on se performe.

Selon vous quels sont les défîtes et les enjeux auxquels elle est confrontée ?

Les défis, c’est la culture. Il faut qu’on ait la culture de l’entreprenariat au sein de nos familles. J’ai rencontré beaucoup de jeune à qui j’ai voulu vraiment inculquer cette culture. Mais je me suis confronté aux réalités de la famille. Beaucoup de leurs parents sont des salariés. Il est difficile pour eux de concevoir de ne pas travailler dans un bureau. La plupart d’entre eux, je fais mes études, je termine et je sui dans un bureau. Quand tu leur dis arrêtons ça, allons sur le terrain, travaillons et que tu n’as pas forcément un salaire qui est fixe à la fin du mois, pour beaucoup d’entre eux, c’est la catastrophe. Donc j’ai du mal à convaincre beaucoup d’arrêter cette vision de la réussite.

Quels sont vos projets futurs ?

Cultiver suffisamment du mais pour qu’on soit autosuffisant, et qu’on puisse nourrir nos poulets, produire des œufs pour que chaque guinéen puisse avoir les omelettes à moindre cout et du poulet. 70 mille tonnes de poulets importés chaque année, je voudrais bien inverser cette balance. Que ça soit au sein de l’interprofession national, ou au sein de mon entreprise.

Un message aux personnes qui veulent entreprendre ?

C’est d’aimer le risque. Celui qui n’aime pas le risque, celui qui ne veut pas être perturbé dans sa logique ne peut pas faire l’entreprenariat. Et pourtant, il faut renoncer à sa consommation d’aujourd’hui pour pouvoir investir et gagner plus tard. C’est ça l’entreprenariat. Malheureusement, beaucoup d’entre nous ont encore peur du lendemain et c’est pourquoi nous avons du mal à nous en sortir avec l’entreprenariat. Mais je pense bien qu’il y a beaucoup de jeunes qui ont compris et tentent autant que possible à se débrouiller. A eux, je leur dit courage et persévérance.